Pôle Géoarchéologie - Paléoenvironnement
Le site de fouille se situe sur la commune de Riom dans le département du Puy de Dôme. Riom est situé dans le secteur du bassin de Limagne, bordé à l’ouest par la chaîne des Puy. Le bassin de la Limagne appartient au Rift ouest-européen qui est constitué de trois segments majeurs disposés globalement autour de l'arc alpin. Géologiquement, le site se trouve dans une plaine marno-calcaire qui occupe un fossé tectonique tertiaire. Le sommet de l’accumulation géologique (hors volcanisme) date de l’oligocène supérieur. A l’Holocène, d’après la thèse de Monsieur Gachon (INRA, 1963) et les récents travaux de C. Ballut (CNRS, UMR 6042), la Limagne devient le réceptacle de sols bruns forestiers colluviés depuis les versants environnants, auxquels sont mêlés des apports alluviaux formés de débris d’origine cristalline et volcanique charriés par les affluents de l’Allier ainsi que par des apports éoliens. Ces "terres noires" de Limagne constitué au cours de l’Holocène ne doivent rien au volcanisme et ont des propriétés agronomiques proches du tchernozium ukrainien d'où leur exceptionnel potentiel agricole.
Notre intervention s'inscrit dans ce cadre, sur un site d'occupation depuis au moins la Tène, où l'on trouve des vestiges d'habitations romaines. De nombreux paléochenaux sont présents sur le site à proximité immédiate des vestiges; Il s'agit pour nous à partir d'observations et de mesures, de déterminer leur fonctionnement en lien avec les différents phase d'occupation humaine. Le cas échéant, nous serons à même de fournir une chronologie des différentes dynamiques fluviales observées (torrentielle, fine...) et d'apporter de nouvelles datations. Celles ci viendront enrichir le corpus scientifique régional.
Nous venons de conclure la phase de terrain. Les dynamiques de versant, et de fait la fréquence et l’intensité des processus de colluvionnement et d’alluvionnement, ont été étudiées (Ballut et al., 2000, 2001, 2002, 2004, 2005, 2006, Trément et al., 2002, 2004). Ces travaux montrent une érosion accélérée et généralisée des sols sur les reliefs, initiée au moins depuis le IIème siècle avant J.C. D'après nos investigations, elle se confirme au cours de l’époque gallo-romaine et de la période historique. De la fin de la Tène à la fin de l’antiquité, les sédiments érodés sont stockés au pied des reliefs et les dynamiques hydrologiques connaissent un équilibre tout relatif. A partir du IV-VIème siècle après JC, lors d’une période encore mal datée, la dynamique hydrologique change sans doute du fait de plusieurs paramètres naturels et anthropiques concomitants. A partir de cette époque, les matériaux érodés parviennent massivement dans le lit des cours d’eau lors d’épisodes pluvieux à caractères orageux. L’augmentation de la charge solide provoque un bouleversement des dynamiques hydrologiques qui se traduit par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des débordements et des inondations. ces modifications du fonctionnement hydro-morphologique des cours d’eau se poursuit jusqu’au XXème siècle.